EXCLUSIF : Les secrets de tournage les plus incroyables de « Stargate » enfin révélés
Un film au bord de l’Ă©chec, un tournage chaotique et un effet spĂ©cial bricolĂ© dans un garage ont donnĂ© naissance Ă l’une des franchises de science-fiction les plus durables de l’histoire. Des documents et tĂ©moignages inĂ©dits dĂ©voilent la vĂ©ritable histoire derrière la crĂ©ation de « Stargate » en 1994, un projet que Hollywood avait presque unanimement rejetĂ©.

Ă€ l’aube des annĂ©es 90, les studios hollywoodiens considĂ©raient la science-fiction comme un genre commercialement mort. Le script de « Stargate », prĂ©sentĂ© par Roland Emmerich et Dean Devlin, fut refusĂ© partout. JugĂ© trop coĂ»teux, trop Ă©trange et sans licence Ă©tablie, il Ă©tait perçu comme un gouffre financier certain. Refusant l’Ă©chec, l’Ă©quipe leva elle-mĂŞme les 55 millions de dollars du budget, un pari colossal sans filet de sĂ©curitĂ©.
L’absence de soutien studio rendit la prĂ©sence d’une star cruciale pour rassurer les investisseurs Ă©trangers. Kurt Russell refusait le rĂ´le, ayant lu par erreur une ancienne version catastrophique du scĂ©nario. Convaincu avec le script rĂ©visĂ© et une offre de 7 millions de dollars, sa signature fut la bouĂ©e de sauvetage qui poussa finalement MGM Ă distribuer le film.
Pourtant, les problèmes ne faisaient que commencer. James Spader, engagĂ© pour le rĂ´le du Dr Daniel Jackson, trouvait le scĂ©nario « affreux ». Les tensions montèrent jusqu’Ă un arrĂŞt complet du tournage lorsque Spader refusa de quitter sa loge, exigeant des réécritures. L’impasse fut brisĂ©e par l’intervention directe de Kurt Russell, qui rappela les rĂ©alitĂ©s commerciales du mĂ©tier.
L’Ă©lĂ©ment visuel central, la porte elle-mĂŞme, fut initialement un dĂ©sastre. Le premier anneau de 6 mètres, peint en noir mat, paraissait terne et peu convaincant. Dans un acte de dĂ©sespoir, l’Ă©quipe le repeignit en argent mĂ©tallisĂ© pendant la nuit, crĂ©ant ainsi l’iconique reflet qui dĂ©finirait l’esthĂ©tique de toute la franchise.

L’effet de vortex liquide, devenu emblĂ©matique, naquit quant Ă lui d’une expĂ©rience de bricolage. Jeffrey A. Okun, superviseur des effets visuels, et le directeur de la photographie David Stump utilisèrent un bac en plexiglas rempli d’eau, de la poudre de thĂ© glacĂ© et une poutre en bois actionnĂ©e par une perceuse. L’air comprimĂ© insufflĂ© crĂ©a le « kawoosh » explosif.
Le dĂ©sert d’Abydos ne fut pas gĂ©nĂ©rĂ© par ordinateur mais sculptĂ© dans les sables brĂ»lants de l’Arizona. L’Ă©quipe tourna Ă Yuma sous des tempĂ©ratures dĂ©passant 48 °C, oĂą les camĂ©ras tombaient en panne et les pellicules se dĂ©formaient. Les figurants en combinaisons de gardes d’Horus risquaient l’hyperthermie dans leurs costumes sans ventilation.
Le casting du mystĂ©rieux Ra rĂ©serva une autre surprise. Jay Davidson, nommĂ© aux Oscars, n’avait aucune intention de poursuivre une carrière d’acteur. Pour dĂ©courager les producteurs, il exigea un salaire d’un million de dollars. Ils acceptèrent immĂ©diatement. Ce furent finalement les somptueux costumes créés par Joseph A. Porro qui le convainquirent de rester.

Les projections tests furent dĂ©sastreuses, le public ne comprenant pas la menace incarnĂ©e par Ra. L’Ă©quipe retravailla entièrement le personnage en post-production, ajoutant une voix plus grave, des yeux lumineux et rĂ©vĂ©lant le parasite extraterrestre, jetant ainsi les bases mythologiques de la future sĂ©rie « Stargate SG-1 ».
L’hĂ©ritage le plus surprenant du film dĂ©passe le cadre du divertissement. Des annĂ©es plus tard, la NASA et des institutions comme le Caltech ont utilisĂ© les images du vortex de « Stargate » pour illustrer et expliquer au grand public les concepts abstraits des trous de ver et des ponts d’Einstein-Rosen.
Ainsi, ce qui Ă©tait nĂ© d’un mĂ©lange de poudre de thĂ© glacĂ© et d’ingĂ©niositĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©e dans un garage est devenu une rĂ©fĂ©rence visuelle dans la communication scientifique mondiale. « Stargate » a non seulement survĂ©cu Ă sa production tumultueuse mais a Ă©tabli un pont durable entre la fiction cinĂ©matographique et la vulgarisation de l’astrophysique.