Choses bizarres et profondément déroutantes qui n’arrivent qu’en Corée du Nord — des situations réelles, documentées, qui semblent défier toute logique et donner l’impression de venir d’un autre monde

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Pyongyang, Corée du Nord – Les révélations glaçantes d’anciennes militaires nord-coréennes jettent une lumière crue sur les atrocités systématiques subies par les femmes au sein de l’armée de ce régime autoritaire. Selon des témoignages concordants recueillis par des organisations de défense des droits humains, ces femmes, souvent enrôlées de force, endurent un cycle de violences sexuelles, de privations extrêmes et de travaux forcés, y compris pendant la grossesse.

Leur quotidien est marqué par des conditions de vie déplorables, un accès quasi inexistant aux installations sanitaires et une pénurie chronique de produits d’hygiène féminine. La nourriture est insuffisante, les journées de travail épuisantes. Dans certains cas, des avortements forcés ou l’abandon d’enfant leur seraient imposés, dépeignant une réalité d’oppression méthodique et de souffrance institutionnalisée.

Cette situation n’est qu’un aspect des réalités sombres qui caractérisent la vie sous l’une des dynasties politiques les plus fermées du monde. Le pouvoir, détenu sans partage par la famille Kim depuis 1948, fonctionne comme une monarchie héréditaire absolue, bien que ne portant pas le titre officiel.

Le fondateur, Kim Il-sung, mort en 1994, conserve le statut de « Président éternel ». Son culte persiste à travers des dizaines de milliers de statues et de portraits. La propagande d’État a même tissé un récit mythique autour de sa naissance, affirmant qu’elle fut annoncée par un pêcheur et marquée par un arc-en-ciel.

Son fils, Kim Jong-il, puis son petit-fils, Kim Jong-un, lui ont succédé, perpétuant ce système dynastique. La machine propagandiste leur attribue des exploits surhumains, comme la rédaction de 1 500 livres ou la composition de six opéras en deux ans pour Kim Jong-il, consolidant ainsi un récit d’infaillibilité destiné à étouffer toute dissidence.

L’emprise du régime s’étend aux moindres détails de la vie quotidienne, y compris la mesure du temps. Depuis 1997, la Corée du Nord utilise le calendrier « Juche », dont le point de départ est l’année de naissance de Kim Il-sung. Autrefois distribué gratuitement, cet objet est devenu un marqueur de statut social en raison de son coût prohibitif.

La pandémie de COVID-19 et les sanctions internationales ont exacerbé les pénuries, rendant même les versions les plus modestes de ces calendriers inaccessibles à la majorité de la population. Ils sont désormais négociés clandestinement à des prix exorbitants, illustrant les profondes inégalités qui fracturent la société.

L’isolement du pays est rigoureusement entretenu. Les déplacements, tant internes qu’internationaux, sont sévèrement restreints. L’information est filtrée par un intranet national nommé « Kwangmyong », offrant une version hautement censurée du web, principalement dédiée à la propagande et à l’éducation.

Les mentions des dirigeants y apparaissent systématiquement dans une police de caractère agrandie de 20%. Seule une infime élite a accès à l’internet mondial. Malgré ce contrôle, des contenus culturels sud-coréens et des informations parviennent clandestinement via des clés USB, notamment près de la frontière chinoise.

La répression de toute opposition est impitoyable. Le régime applique le principe de la responsabilité collective, où des familles entières peuvent être punies pour les actions d’un seul membre. Des camps de travaux forcés abriteraient des dizaines de milliers de prisonniers politiques.

La peine capitale est appliquée pour une large gamme de « délits », incluant la consommation de médias étrangers, la possession de textes religieux ou la tentative de fuite du pays. Des transfuges rapportent la tenue régulière d’exécutions publiques, destinées à instiller la peur et à garantir une loyauté absolue.

Dans sa quête d’autarcie, le régime a même développé son propre système d’exploitation informatique, Red Star OS. Conçu pour ressembler visuellement à macOS, il intègre des fonctionnalités de surveillance et de contrôle, comme l’impossibilité de sélectionner le fuseau horaire de Séoul.

Les arts sont entièrement mis au service du culte dynastique. Des monuments colossaux à la gloire des dirigeants Kim dominent le paysage urbain. Récemment, le régime a interdit l’accès de ces sites aux étrangers, craignant des actes de vandalisme considérés comme un crime capital.

La gestion de la pandémie a révélé d’autres aspects surprenants de la mobilisation totale exigée de la population. Pour pallier les pénuries d’engrais, le gouvernement a imposé à chaque foyer de produire 200 kg de compost à partir de déchets organiques, incluant l’utilisation d’urine.

Le respect de ces quotas était lié à l’obtention de laissez-passer nécessaires pour accéder aux marchés, une mesure coercitive qui a encore restreint la mobilité et les moyens de subsistance d’une population déjà aux prises avec une insécurité alimentaire chronique.

Ces éléments, corroborés par les récits de transfuges et les analyses des agences onusiennes, dressent le portrait d’un État où le contrôle totalitaire et la répression façonnent chaque instant de l’existence. La communauté internationale continue de dénoncer les violations systématiques des droits humains, que Pyongyang rejette en bloc comme des ingérences dans sa souveraineté.