Los Angeles, 5 août 1962 – La mort de Marilyn Monroe, survenue il y a soixante ans, reste l’une des plus grandes énigmes du XXe siècle. Une contre-enquête approfondie, s’appuyant sur des témoignages inédits et des documents confidentiels, révèle aujourd’hui un enchevêtrement troublant de mensonges, de manipulations et d’omissions qui éloigne radicalement la thèse du suicide pour dessiner les contours d’une sombre machination.

L’actrice mythique a été découverte sans vie dans sa maison de Brentwood aux petites heures du 5 août 1962. La version officielle, établie en treize jours seulement, conclut à un suicide par overdose barbiturique. Pourtant, le premier policier sur les lieux, le sergent Jack Clements, a immédiatement émis des doutes. Personne ne l’a écouté. Il fut rapidement écarté de l’affaire.
Le récit des événements de cette nuit fatidique est miné par des contradictions flagrantes. L’intendante Eunice Murray affirme avoir donné l’alerte vers 3 h du matin. Cependant, des témoins crédibles, comme Natalie Jacobs, indiquent que la nouvelle de la mort de Monroe circulait dans la soirée du 4 août, bien avant minuit, interrompant même une soirée au Hollywood Bowl.
L’enquête de 1982, close précipitamment après trente jours, n’a rien élucidé. C’est le journaliste d’investigation Anthony Summers, auteur renommé, qui a repris le dossier. Son travail met en lumière des zones d’ombre critiques et la présence insistante de personnages puissants dans l’entourage de l’actrice durant ses derniers jours.
Au cœur du mystère : les Kennedy. Marilyn entretenait des relations intimes et tumultueuses avec le président John F. Kennedy et son frère, le procureur général Robert Kennedy. Ces liaisons, à une époque de guerre froide et de paranoïa politique, constituaient une menace existentielle pour l’administration.
Des documents du FBI, obtenus après des années de procédures, classent Monroe comme un « risque pour la sécurité nationale » en raison de ses fréquentations et de ses conversations avec les frères Kennedy. L’agence fédérale la surveillait. Le directeur J. Edgar Hoover avait mis en garde le président.
Le dernier week-end de Marilyn, fin juillet 1962, se déroule au Calneva Lodge, un complexe appartenant à Frank Sinatra et fréquenté par la pègre, dont le mafieux Sam Giancana. Des sources affirment que l’objectif était de la convaincre de se taire, alors qu’elle menaçait de tenir une conférence de presse pour révéler ses relations avec les Kennedy.
Le samedi 4 août, jour de sa mort, le témoignage clé de Norman Jeffries, gendre de l’intendante Eunice Murray, brise le silence. Il affirme que Robert Kennedy et Peter Lawford se sont rendus chez Monroe en après-midi. Une violente dispute, peut-être enregistrée sur bande, aurait éclaté. Kennedy serait revenu plus tard en soirée avec deux hommes.
L’ambulancier James Hall a décrit une scène de réanimation désespérée vers 22h45, contredisant l’heure officielle du décès. Le psychiatre de Marilyn, le Dr Greenson, présent sur place, aurait tenté une injection intracardiaque. Plus tard, il confiera à un journaliste : « Nous l’avons tuée », évoquant une erreur médicale tragique.
La scène du crime n’a jamais été préservée. Aucun inventaire sérieux n’a été effectué. L’équipement pour un lavement, évoqué par l’autopsie qui révélait une coloration anormale du côlon, n’a jamais été retrouvé. Eunice Murray elle-même, lors d’un entretien avec Summers, a laissé échapper : « Pourquoi dois-je continuer à couvrir tout cela ? »

La thèse de l’assassinat est soutenue par d’anciens agents. L’un d’eux évoque un dossier secret de la police de Los Angeles mentionnant une conversation entre Monroe et JFK sur un projet ultra-confidentiel : un raid pour détruire les installations nucléaires chinoises. Un secret d’État qui aurait justifié un meurtre maquillé en suicide.
Le comportement des proches après le drame est éloquent. Peter Lawford a été intercepté par la police peu après minuit, conduisant à vive allure avec Robert Kennedy à son bord. Un avion privé attendait pour exfiltrer le procureur général. À l’agence de relations publiques d’Arthur Jacobs, la panique régnait.
Joe DiMaggio, l’ex-mari de Marilyn, a repris le contrôle des funérailles, imposant une cérémonie privée et intime contre la volonté des cercles hollywoodiens qui voulaient un spectacle mondial. Son visage, lors de la cérémonie, ne laissait transparaître qu’une douleur profonde et silencieuse.
Aujourd’hui, l’accumulation des faits invalide la simplicité du suicide. Entre l’erreur médicale avouée par son propre psychiatre et l’hypothèse d’un meurtre commandité pour protéger les plus hautes sphères du pouvoir, la balance penche lourdement vers une conspiration. La mort de Marilyn Monroe ne fut pas un acte de désespoir solitaire, mais le point de convergence fatal des ambitions politiques, des intrigues mafieuses et des excès d’un système prêt à tout pour étouffer un scandale. La légende est intacte, mais la vérité, elle, a été la première victime.